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L’importance de la pensée critique au XXIe siècle

Le Baccalauréat International (IB) organisera son Festival africain de l’éducation annuel à Johannesburg, en Afrique du Sud, les 27 et 28 février 2020. Il portera sur le thème « Direction et apprentissage au XXIe siècle » dans le but particulier de « Motiver, innover et intégrer ».

Conrad Hughes animera une session plénière sur la pensée critique au XXIe siècle au cours du Festival africain de l’éducation.
Conrad Hughes animera une session plénière sur la pensée critique au XXIe siècle au cours du Festival africain de l’éducation.

Conrad Hughes, directeur du site et de l’enseignement secondaire de l’École internationale de Genève – La Grande Boissière, en Suisse, fera de nouveau partie des conférenciers principaux du festival, après avoir animé une session plénière sur les sept défis mondiaux lors du Festival européen de l’éducation 2019. Durant sa présentation, M. Hughes explorera la pensée critique au XXIe siècle et livrera une réflexion sur l’importance de penser de manière autonome dans notre époque saturée d’informations.

1. Pourquoi pensez-vous qu’il est aussi important d’approfondir l’apprentissage et de faire preuve de pensée critique dans le monde d’aujourd’hui ?

Nous vivons dans un monde marqué par les éléments de langage, les mouvements, les modes passagères, les simplifications excessives et la désinformation. On observe cela dans les sphères de la politique, des médias sociaux et des intérêts financiers qui dominent de nombreux domaines de l’information. J’exposerai quelques-uns des cas les plus préoccupants au cours de la session que j’animerai lors du Festival africain de l’éducation. Il est plus important que jamais de questionner les sources, d’examiner les arguments, d’étayer nos affirmations de preuves solides et d’identifier les partis pris idéologiques qui sous-tendent nos postulats, car nous observons actuellement un durcissement du discours politique, une intensification des positions polarisées, si ce n’est extrémistes, et une utilisation accrue d’arguments persuasifs douteux.

2. De quels outils et informations les enseignants ont-ils besoin pour encourager la pensée autonome en classe ?

Les connaissances sont essentielles : les élèves ne peuvent pas développer une pensée critique dans le vide. Il leur est impossible d’apprendre à faire preuve d’une véritable pensée critique avec un programme scolaire de piètre qualité. Le degré d’esprit critique que nous inculquons aux apprenants est déterminé par notre manière d’aborder des matières comme l’histoire, les sciences et l’économie ainsi que par les artefacts que nous choisissons d’analyser et les histoires que nous choisissons de raconter. Durant mon intervention, j’aborderai certains points essentiels sur lesquels nous devons insister et travailler au niveau du programme et du programme d’études.

La pensée critique dispose également d’une terminologie qui lui est propre : parti pris, prise de position, argument, contre-exemple, intérêt et idéologie, pour ne citer que quelques exemples. Certains de ces termes et leur signification peuvent être expliqués aux élèves dès le plus jeune âge. Cependant, pour cela, nous avons besoin de nous assurer que les enseignants sont munis des outils nécessaires pour enseigner aux enfants ce nouveau vocabulaire.

3. Dans quelle mesure pensez-vous que le système éducatif de l’IB encourage la pensée autonome et la pensée critique chez les élèves ?

Il ne fait aucun doute que le Programme primaire (PP) et le Programme d’éducation intermédiaire (PEI) encouragent la pensée autonome avec l’exposition du PP et le projet personnel du PEI. La pensée critique est aussi enseignée dans le cours de théorie de la connaissance du Programme du diplôme. Je pense que la décision de l’IB d’insister sur l’intégration de certains aspects de la théorie de la connaissance dans des domaines du tronc commun est essentielle. Cela va dans le sens des recherches sur la pensée critique qui nous rappellent qu’un ancrage disciplinaire est nécessaire pour que celle-ci ait une incidence et de la substance.

4. Selon vous, en quoi la pensée critique est-elle pertinente au regard du thème de la conférence : « Motiver, innover, intégrer » ? 

Nous devons veiller à ne pas intégrer de nouvelles idées dans la société et les programmes d’études sans les accompagner d’une certaine pensée critique. Il y a de nombreux postulats sur les nouvelles technologies et l’adoption de certaines compétences, qu’il convient d’examiner et de déconstruire avec soin. Je reviendrai là-dessus durant mon intervention. L’innovation peut être positive, mais l’histoire nous a montré qu’elle pouvait aussi être terrible. Une dose d’introspection critique peut nous aider à modérer les effets d’une innovation irréfléchie. Cependant, l’esprit critique ne doit pas tuer l’esprit créatif. Nous devons connecter notre voix critique à l’opérationnalisation de nos idées, et ne pas la laisser nous priver du rêve auquel nous devons nous accrocher si nous voulons insuffler de l’espoir et de la passion dans nos vies. L’inspiration est un espace sacré qui doit être protégé, en particulier d’un esprit critique ennuyeux et rabat-joie.

En savoir plus sur le Festival africain de l’éducation 2020.